Mausolée familial pour les Valerii Rufi

Haut-Empire [27 / 235]

Strasbourg (67) - Musée archéologique - Strasbourg

Mausolée familial pour les Valerii Rufi

Où le trouver

Strasbourg (67) - Musée archéologique
Palais Rohan, 2 place du Château

67000 Strasbourg

Site internet

Numéro d'inventaire

D. 11. 2005. 5. 84

Commune de découverte

Lieu-dit

Rue Donon

Type d'intervention

Fouille

Année de fouille

1998

Responsable scientifique

ETRICH, Christine

Datation de l'objet

Haut-Empire [27 / 235]

Domaine

Décor funéraire

Matériaux

Lapidaire

Dimensions

H. 400 cm x l. 225 cm
© Musées de Strasbourg, M. Bertola

Un visage pour l’éternité

 

Ce mausolée présente dans une niche architecturée trois défunts d’une même famille. Seul un visage subsiste, celui du défunt central, vêtu de la toge du citoyen romain. Très prisés de la bourgeoisie romaine, ces monuments donnent à voir des groupes familiaux désireux de montrer aux générations futures la place qu’ils occupaient de leur vivant dans la société. Les défunts sont ainsi généralement vêtus de costumes reflétant leur fonction, tandis que leurs visages paraissent stéréotypés.

Contexte archéologique

Ce mausolée en calcaire fin a été mis au jour, brisé en multiples fragments, dans une fosse découverte rue du Donon dans le faubourg romain de Koenigshoffen. Il conserve la mémoire de trois membres de la famille des Valerii Rufi, qui ont vécu à Argentorate dans la première moitié du 1er siècle après J.-C. comme le précise l’inscription monumentale gravée sur le socle du monument. Les trois défunts, dont les statues presque grandeur nature ont pu être reconstituées, sont représentés debout en position frontale, dans une haute niche bordée de pilastres et encadrée de panneaux sculptés. Leur costume fournit une indication immédiate sur leur statut social : d'eux d'entre eux portent en effet l'équipement militaire, le troisième est vêtu de la toge du citoyen romain, en tant que vétéran ayant achevé son temps de service dans l'armée. L'équipement militaire est stéréotypé, mais d'une grande précision documentaire. La face latérale du monument est sculptée d’une figure de danseuse déployant à bout de bras un voile au-dessus de sa tête. Cette figure féminine peut être identifiée à une ménade du cortège dionysiaque, thème assez fréquent en Rhénanie dans le décor des monuments funéraires du 1er siècle. Elle conserve encore de nombreuses traces de couleur rouge et jaune. À l’origine, les sculptures de ce monument étaient peintes de couleurs vives et l’inscription funéraire sans doute soulignée de rouge. Ce type de mausolée trouve son origine dans des modèles venus d’Italie du Nord. La construction de ces grands mausolées funéraires représente une dépense onéreuse ; seules les personnes les plus riches pouvaient se payer un tel monument. Parmi eux, les légionnaires les plus gradés, dont la solde est importante, constituent une clientèle de choix pour les sculpteurs.